L’incontournable livre de chevet de… Sandrine Babu (Librairie L’Instant)

Nichée au cœur du XVème arrondissement, la librairie-café L’Instant est un véritable havre de culture. A sa tête, Sandrine Babu. Cette passionnée propose régulièrement à ses clients des rencontres avec des auteurs de renom: de Jacques Attali à Claude Sérillon en passant par Delphine Minoui. Une adresse* incontournable à découvrir dès la fin du confinement!

Quel est votre livre de chevet par excellence ?

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, avec ses sept tomes à côté de mon lit depuis un peu plus d’un an ! Je le lis en parallèle de mes autres lectures, comme un fil rouge. Je viens de terminer le dernier tome, Le temps retrouvé.

A quel moment l’avez-vous lu?

Une première fois quand j’avais 20 ans. Ou plutôt j’étais persuadée de l’avoir lu en entier mais j’ai réalisé que je n’avais lu que les deux premiers tomes ! D’ailleurs il paraît que seulement la moitié des personnes qui achètent Du côté de chez Swann se procurent le deuxième tome, et de même la moitié seulement de celles-ci lisent le troisième, et qu’après cela se stabilise.

Librairie-café L’Instant

Pourquoi vous a-t-il marquée ?

J’ai éprouvé un vrai plaisir à sa lecture, avec sa galerie de personnages, son exploration des sentiments, la description d’une époque, ses développements sur le temps qui passe, la mémoire. C’est comme si je retrouvais des amis, des lieux, des impressions, 

Quelles sensations ce livre a-t-il réveillées chez vous?

Une impression que le temps s’arrête. Et des sensations très variées : de l’émotion, de l’intérêt, de l’amusement, de la fascination pour des phrases si belles que je m’arrête pour les relire, les noter ; et parfois aussi de la lassitude sur certains passages ! 
L’idéal, c’est quand je peux l’écouter, lu à haute voix. Les phrases prennent toute leur force.
Juste un extrait, où le narrateur parle de l’instant (choix non fortuit bien sûr !) : « Mais justement parce que l’instant pesait sur nous avec tant de force, cette toile si fixée donnait l’impression la plus fugitive, on sentait que la dame allait bientôt s’en retourner, les bateaux disparaître, l’ombre changer de place, la nuit venir, que le plaisir finit, que la vie passe et que les instants, montrés à la fois par tant de lumières qui y voisinent ensemble, ne se retrouvent pas. »

L’avez vous-lu plusieurs fois?

Je relis très rarement un livre, mais là c’est différent, je vais recommencer Du côté de chez Swann !

A qui l’avez-vous prêté?

Je le conseille sans arrêt ! Et le mercredi 27 mai (si d’ici là nous sommes sortis du confinement), j’organise une soirée avec deux passionnés, Laura El Makki qui a publié Un été avec Proust (Des équateurs), et Sacha Grangean, doctorant en littérature dont l’un des cours porte sur La prisonnière. Pour tous ceux qui hésitent à en entreprendre ou à en continuer la lecture !

Quels adjectifs utiliseriez-vous pour qualifier ce livre?

Sensible, universel, inclassable.

Quelle question auriez-vous souhaité poser à son auteur?

Marcel, comment fais-tu pour parler aussi bien de la jalousie ?

Et à son éditeur ?

Monsieur Gaston Gallimard, pourquoi avez-vous refusé de le publier au début !

*118 rue de Lourmel, 75015 Paris. Métro Boucicaut

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