L’incontournable livre de chevet d’… Eva alias Eva_tuvastabimerlesyeux

« Dévoreuse de romans »: Eva se définit ainsi sur son compte Instagram. De fait, biberonnée au Club des cinq et à Agatha Christie, mon invitée de la semaine lit trois à quatre ouvrages par semaine. En 2013, alors qu’elle figure parmi les jurées du Grand Prix des Lectrices ELLE, la jeune femme rencontre des blogueuses qui lui soufflent l’idée de lancer sa propre plateforme. Depuis 2014, Eva participe également au podcast littéraire Bibliomaniacs.

Quel est votre livre de chevet par excellence?

Sans hésitation, Je m’appelle Asher Lev de Chaïm Potok, auteur américain trop peu connu en France. C’est un livre qui est paru en 1972 aux Etats-Unis et qui a été publié en France par Buchet-Chastel l’année suivante, dans une traduction de Catherine Gary et Fabrice Hélion.

A quel moment l’avez-vous lu?

Je ne connaissais ni l’auteur ni le roman, je l’ai acheté complètement par hasard dans une bouquinerie de Béziers, en vacances, parce que la quatrième de couverture m’avait plu. J’étais au lycée, je devais avoir quinze ou seize ans. 

Pourquoi ce livre vous a-t-il marquée?

C’est un magnifique roman d’apprentissage : Asher Lev, dès sa prime enfance, possède un incroyable talent pour le dessin. Seulement, il est né dans une famille juive orthodoxe, pour qui le dessin n’est pas un don de Dieu, mais bien une perte de temps, voire une source de péché. Pour vivre pleinement son talent et pouvoir étudier l’Art (et donc les femmes nues, les crucifixions…tout ce qui est contraire à sa religion), Asher va devoir affronter sa famille, sa religion, sa communauté. 

C’est écrit de façon magistrale, avec une langue très pure, les personnages sont absolument merveilleux, que ce soit Asher, ses parents, le Rabbin de sa communauté ou Jacob Kahn son maître de peinture. Bien sûr, ce livre parle d’art et de judaïsme, mais il a une portée universelle : comment s’affranchir de sa famille? Comment accéder à l’individualité lorsque l’on fait partie d’un groupe, d’une communauté?

Quelles sensations a-t-il réveillées chez vous?

Je l’ai lu quand j’étais adolescente, donc à un moment où l’on se cherche, où l’on se sent incompris, « seul contre tous », où l’on se pose des questions, où l’on se demande de quoi son avenir sera fait… Je pense par conséquent qu’il y a eu une certaine identification en lisant ce roman d’apprentissage, d’autant plus qu’Asher Lev est enfant unique, comme moi, j’ai d’ailleurs toujours aimé les jeunes héros solitaires. 

Je m’appelle Asher Lev a une suite, Le Don d’Asher Lev, écrit dix-huit ans plus tard, qui se déroule lorsque le personnage est adulte, et ce roman est également très beau, et très bien écrit, mais il n’a pas eu la même résonance quand je l’ai lu… peut-être qu’aujourd’hui, comme je suis plus âgée, il me parlerait plus ! 

L’avez-vous lu plusieurs fois?

Oui, je pense l’avoir lu une dizaine de fois sur une quinzaine d’années… parfois le plaisir de lecture vieillit mal : parce que le livre ne fait plus écho, parce que l’on a mûri, parce que nos yeux d’adulte voient des faiblesses, qui nous échappaient auparavant… Mais, avec Je m’appelle Asher Lev, mon plaisir est resté intact. Le livre est tellement riche qu’à chaque lecture je m’attache à une facette différente, je remarque un dialogue, une référence, un détail que je n’avais pas remarqué lors de mes lectures précédentes.

A qui l’avez-vous prêté?

Je ne l’ai jamais prêté ! C’est MON livre ! C’est une édition brochée, ancienne, fragile, qui n’est plus commercialisée, avec une couverture vintage couleur safran et une phrase de l’éditeur précisant qu »il suffit d »envoyer sa carte de visite si l’on veut recevoir en retour le bulletin des dernières parutions »… En revanche, je l’ai offert – ou fait acheter – en poche chez 10/18.

Quels adjectifs utiliseriez-vous pour qualifier ce livre?

Magnifique, universel, intemporel, indispensable ! 

Quelles questions auriez-vous souhaité poser à son auteur?

Je ne sais jamais quelle question poser à un auteur ! Et je pense que j’aurais été très intimidée en présence de Chaïm Potok…Mais je sais que lui aussi peignait, comme Asher Lev, donc je lui aurais sans doute demandé s’il y avait une facette autobiographique dans ce roman. Et ce qui l’a poussé à écrire une suite aussi longtemps après… et s’il avait en tête d’écrire un troisième tome!

Et à son éditeur? 

Déjà je l’aurais remercié d’avoir publié ce livre ! Et je lui aurais demandé ce qu’il a ressenti en lisant le manuscrit…J’aurais adoré être la première personne à lire ce roman…

Sans transition, quelle est votre librairie coup de cœur? 

Habitant à Versailles, je conseille la librairie La Suite*, un très bel endroit, enrichi d’excellents conseils mais aussi d’un délicieux salon de thé ! J’aime aussi la librairie Antoine**: je garde un excellent souvenir d’une rencontre avec Olivier Liron, et des délicieuses pâtisseries de Nathalie ! 

Pour les livres d’occasion, j’aime beaucoup flâner au Facteur Cheval dont je mets régulièrement des photos sur Instagram : le lieu a beaucoup de cachet, et il y a un très large choix de livres de poche, classés par ordre alphabétique, voire même par collections. Difficile de ne pas y trouver son bonheur.


*3 rue Louis le Vau, 78 000 Versailles
** 16 rue du Général Leclerc, 78 000 Versailles

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