L’incontournable livre de chevet d’Amandine… alias L’Ivresse littéraire

En août 2015, Amandine, après plusieurs échanges animés avec sa sœur concernant leurs lectures respectives, a l’idée de partager ses impressions littéraires sur un blog. L’ivresse littéraire est née. Depuis, cette Lilloise, professionnelle de la publicité et des médias, est également devenue chroniqueuse, notamment pour le site Addict Culture, ainsi que pour Version Femina Nord.

@AlbinDurand

Quel est votre livre de chevet par excellence? 

J’aurais pu choisir de la poésie classique ou contemporaine, car je pense qu’elle m’accompagne partout: sa musique avant son sens. Mais je vais plutôt faire le choix d’un livre hybride entre le roman et l’autobiographie : Lambeaux de Charles Juliet. Un texte autobiographique mais jamais narcissique qui possède une forme de générosité et d’universalité dans son introspection.
Ce choix ne surprendra peut-être pas grand monde mais je reviens sans cesse à lui.

A quel moment l’avez-vous lu? 

Je devais avoir seize ou dix-sept ans. J’étais au lycée en tout cas. Je me souviens que nous avions un choix à faire parmi une liste de titres. A l’époque, je lisais peu. J’ai fait quelques recherches, et, en voyant le faible nombre de pages, j’ai choisi celui-ci. Le plus faible nombre de pages mais certainement le livre le plus fort! Ce fut une véritable rencontre.

Pourquoi vous a-t-il marquée? 

Cet âge était compliqué pour moi, j’étais un peu perdue et vivais, dans la sphère familiale, des choses difficiles pour une jeune fille. Si j’analyse aujourd’hui l’effet qu’il a eu sur moi, mais que j’ignorais à l’époque, je dirais qu’il m’a sauvée. D’un gouffre. De mes propres lambeaux. Et il a été LE livre qui a déclenché la lecture de tous ceux qui ont suivi après. Je me souviens m’être dit : « mais alors, ça peut-être ça la littérature ? »


Quelles sensations a-t-il réveillées chez vous?

Quand je parle de ce livre, j’aime dire qu’il a été comme un premier amant. Une première caresse qui marque, qui reste inexorablement dans le cœur. 

Il a percé ma carapace pour aller directement toucher le cœur. Un cœur un peu asséché à l’époque. Il m’a justement éveillée et réveillée.
Je suis de nature mélancolique et sensible à la musicalité d’une langue et Lambeaux c’est cela aussi. Il m’a fait pleurer, il m’a fait goûter au plaisir des mots simples mais poétiques.  M’a rappelé ce milieu proche du mien dont il ne faut pas avoir honte. Et surtout, surtout, derrière cette histoire, celle de ces deux mères, celle du jeune homme bousculé qu’était Charles Juliet, il m’a redonné l’espoir, m’a éclairée et m’a libérée aussi d’une certaine manière. De la même manière, je crois que ce livre a aussi libéré son auteur même s’il a mis douze ans à l’écrire.

L’avez vous-lu plusieurs fois? 

Je ne l’avais pas rouvert depuis l’an dernier. Il était toujours près de moi, mis en évidence mais je n’osais pas. Je craignais de ne pas retrouver les sensations qu’il m’avait procurées à l’époque. C’est le risque lorsque treize années se sont écoulées. Et puis, en décembre dernier, sans trop savoir pourquoi, j’ai osé. Je l’ai découvert comme la première fois. J’y ai retrouvé ces passages soulignés, ces pages cornées.
Il a été de nouveau un immense coup au cœur et aux tripes. J’ai de nouveau pleuré, je l’ai lu à voix haute, j’ai de nouveau frissonné et pensé que oui, toujours, il y a de la lumière dans la nuit la plus noire. Depuis, il m’arrive parfois de l’ouvrir, juste pour en grignoter un passage.

A qui l’avez-vous prêté?

Personne ! Mon exemplaire est collé à ma chair. Il fait partie de moi. Cependant, là où auparavant je gardais égoïstement ce ressenti, après l’avoir relu, je l’ai offert. À des amies blogueuses et d’autres que je connaissais moins. Je voulais qu’elles puissent vibrer, être émues avec leur sensibilité à elles même si je n’avais aucune certitude qu’elles puissent l’aimer. Et je suis contente, cela a fonctionné (ou alors elles ont drôlement bien fait semblant ahah).

Quel adjectif utiliseriez-vous pour qualifier ce livre? 

Vivant. Magnifiquement vivant.

Quelle question auriez-vous souhaité poser à son auteur? 

Je ne suis pas sûre que j’oserais lui dire quoique ce soit d’autant que je trouve que cet homme humble et simple dégage quelque chose d’assez fou. Mais je pense que j’aurais cette question un peu personnelle : qu’est-ce qui a exactement déclenché l’écriture de Lambeaux ?

Et à son éditeur?

Je lui demanderais comment a eu lieu la rencontre avec Charles Juliet. Mais surtout je le remercierais de nous mettre entre les mains la sublime bibliographie d’un homme qui est à mon sens l’une des plumes les plus talentueuses de la littérature française.

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